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En 1984, Maryse Condé écrit "Ségou", une fresque historique qui se situe en l’Afrique de l’Ouest. Elle retrace le destin d’une famille mêlant fiction et événements.

Au coeur de l’Afrique de l’Ouest, le royaume de Ségou vacille.

"Je suis née dans une île amoureuse du vent où l’air a des odeurs de sucre et de cannelle."

De nouvelles croyances arrivent. L’islam s’impose peu à peu, bouleversant les traditions ancestrales. Certains y voient un salut, d’autres une perte. Les familles se divisent, les choix deviennent irréversibles.

"Je devinais qu’un secret était caché au fond de mon passé, secret douloureux, secret honteux dont il aurait été inconvenant et peut-être dangereux de forcer la connaissance."

Quand le royaume s’effondre, les hommes deviennent des marchandises. Des familles sont déchirées, des vies arrachées à leur terre.

"Pour mes 16 ans, mes parents me firent cadeau d’un vélo, une motobécane, une jolie machine bleue avec des garde-boue d’argent et, alors, des ailes me poussèrent."

"J’écartais les bras et je devenais un avion qui s’élève dans les airs. J’interpellais les étoiles et le croissant de lune. à voix haute, avec des grands gestes, je me racontais des histoires."

"Même lorsque mes plats se perdaient en chemin, j’ai toujours aimé cuisiner, car chaque échec avait le goût d’une histoire à réinventer."

Les enfants de Ségou sont dispersés par l’Histoire. Esclavage, errance, conversion, exil : chaque destin raconte une facette du drame.

Maryse Condé s’est confiée à Chantal Ahounou lors d’une rencontre à Avignon, en lui avouant qu’elle regrettait de ne pas être davantage reconnue en France.

Une pièce de théâtre "Les sorcières de Sarcelles", inspirée de "Moi, Tituba sorcière…", œuvre de Maryse Condé, a été mise en scène et a rencontré un immense succès au Lycée La Tourelle, où elle a vivement marqué le public.

Suite au succès de cette pièce, les lycéens de Sarcelles ont choisi de renommer leur établissement Maryse Condé. L'autrice était présente à la cérémonie d’inauguration le 20 janvier 2023.

C'est le premier lycée de France qui porte son nom, marquant un moment fort de reconnaissance pour son œuvre monumentale. Son souhait le plus cher est enfin réalisé.